Cartes d’identité ou « Mon récit dans la Grande Histoire »

Line Guellati, Nancy Nkusi, Sarah Testa , Cartes d’Identité, Portraits

Ce projet est issu de l’ESACT, a été conçu et dirigé par Philippe Laurent, assisté de Naïma Triboulet
Avec des élèves de 2ème et 3ème année

Manège de la caserne Fonck – 22 novembre – 14:30

Carte d’identité de Sarah Testa: « les mangeurs de pommes de terre »
Lendemain de veille à 1210 Bruxelles.
Dans le lit du dernier coup de foudre en date, des rêves stroboscopiques ramènent Sarah dans la poussière d’une cité ouvrière de Meurthe-et-Moselle « qu’un cancer généralisé inoculé par la crise économique de 1973 a fini de dévorer au bout d’une trentaine d’années » : le plat de tripes à la mode italienne de mémère Rita da Cruz prend vie ; la nième bouteille de pinard de pépère Piero Testa le replonge en pleine guerre 40-45 ; Sarah perd une dent ; l’officier Croun de la gendarmerie de Gauraincourt perquisitionne ; un quartier HLM s’effondre ; …
A son réveil, une amoureuse discussion sur les préférences sexuelles de la jeune femme révèle la schizophrénie culturelle de son petit ami, Mohammed Bouzar.

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Carte d’identité de Line Guellati : « Je ne suis que mes pas »
Une cérémonie de mariage, dans les années 80, en France :
« La saucisse … ??? … la saucisse de morteau avec le couscous … ??? … Yarha !!! … c’est bizarre !!! … » Lui, c’est le père, il est français. Ses parents : des Algériens. Elle, c’est la mère, elle est française. Ses parents : des Français. D’un côté des paysans du douar, de l’autre des paysans du haut-Doubs … Et en fin de compte…la frontière est fine!
Bref, ils se sont mariés, ces deux là…
C’est l’héritage de Line. Pas lourd à porter, juste là ! Même si parfois… entre deux eaux… on cherche ses marques. Chacun, comme on le peut!
La France, l’Algérie, un peu de Belgique…et que la couleur soit !
Une histoire semblable à beaucoup d’autres…

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Carte d’identité de Nancy Nkusi : « Je t’écoute »

« Une mère, tu n’en as qu’une, Nancy. Qu’elle soit bonne … ou mauvaise. C’est moi … qui t’ai portée neuf mois dansmon ventre ! » Une maman praline, un papa blond, une ribambelle de sœurs.
Une vie en Belgique, une séparation, des questions sans réponses, mais aussi « l’air du vent ».
Bref…une photo de famille en noir et blanc sur fond d’Histoire du Rwanda.
« Je déteste parler du Rwanda, je déteste qu’on m’appelle Bounty, je déteste qu’on me demande : pourquoi ton copain est Blanc ? , je déteste ne pas savoir… »

La particularité de ce projet est que le point de départ de l’expression théâtrale est la mémoire directe de l’acteur, son histoire, celle des êtres proches et sa vision de l’influence de la Grande Histoire sur sa propre vie.
Chaque étudiant a conçu un mini spectacle solo d’une vingtaine de minutes en théâtralisant des séquences vécues, en interprétant lui-même des êtres réels et/ou imaginaires mais aussi en créant une forme adaptée à son récit.
Ce projet est très particulier et a reçu des échos très positifs lors de sa présentation dans le cadre des soirées de l’ESACT au Théâtre de la Place. Il questionne, il trouble, il percute, il renvoie à nos propres histoires, à notre rapport à nos familles, mais aussi à l’Histoire, aux évènements qui nous ont marqués, perturbés, émus, choqués, rendus heureux, et à la mémoire de ces évènements, qui d’une façon ou d’une autre ont déterminé les êtres que nous sommes aujourd’hui. Ces cartes d’identité ont toutes quelque chose de commun, des jeunes gens de vingt ans environ nous parlent de diversité, de recherche des origines et du vécu de leurs différences avec beaucoup de respect, de tendresse et d’humour.