Le Réseau mondial de solidarité des mères, soeurs, épouses, filles, proches de personnes enlevées ou disparues
Tout a commencé en 1998 à Beyrouth, par la rencontre de Wadad Halwani, présidente du Comité des familles de disparus au Liban. Rencontre avec une personne, belle, forte, digne. Rencontre aussi avec la réalité de la disparition forcée qui se réduisait presque pour nous aux contextes dictatoriaux latino-américains des années 70-80, et à l’image du foulard blanc des Mères de la Place de Mai. Cette prise de conscience nous a menées à approfondir le travail sur la disparition forcée comme arme d’oppression et de terreur, à découvrir que, de l’Argentine à la Tchétchénie, elle était utilisée à travers le monde et que partout, des proches de disparus, pour la plupart des femmes, s’étaient levés et organisés pour réclamer leurs proches et refuser la barbarie.
Depuis plusieurs éditions du Festival, les artistes venues de contextes culturels, sociaux et politiques très divers étaient invitées à échanger leurs expériences lors d’une journée « Cultures en résistance » où les questions du lien entre art et politique, et des projets et des créations menés par les femmes étaient centrales. L’inscription de la disparition forcée et des formes de lutte inventées par les femmes proches de victimes au sein du Festival a été une évidence. Lors du 5è Festival, en avril 2000, quatorze femmes libanaise, marocaine, argentines, chiliennes, mexicaine, sahraouie, kurde, turque, yougoslave, rwandaises sénégalaise et belges ont créé le « Réseau mondial de solidarité des mères, épouses, sœurs, filles, proches de personnes enlevées et disparues ». En 2002, lors du 6è festival, d’autres femmes venues de Palestine, de Tchétchénie, d’Afghanistan, d’Iran, de Casamance, du Burkina Faso et d’Algérie se sont jointes aux fondatrices de ce réseau. Il est devenu le lieu de questionnement du Festival, celui de la recherche essentielle d’une vie juste et digne, notamment au travers des possibilités qu’offre la création artistique en lien avec l’action et la réflexion politiques.
Neuf années de travail et six rencontres ont donné lieu à des actions de solidarité avec les membres du réseau, à des créations théâtrales et picturales sur la disparition forcée, et à l’inauguration à Liège, lors du 8è festival en décembre 2007, d’un lieu planté d’arbres en hommage aux victimes de la disparition forcée, que nous avons appelé « Les arbres de la mémoire ».
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8ème Rencontre du Réseau de solidarité des mères, épouses, sœurs, filles, proches de personnes enlevées et disparues
Invitées par le festival Voix de Femmes lors de sa 5ème édition tenue en avril 2000, quatorze femmes venues de diverses régions du monde se sont réunies pour échanger leurs expériences sur leur lutte pour la vérité et la justice sur le sort encouru par leurs êtres-chers enlevés et disparus, tout en tissant des liens avec les artistes du Festival. Ensemble, elles ont dénoncé et fait prendre conscience que cette arme d’oppression et de terreur qu’est la disparition forcée était utilisée dans divers coins du monde et que, partout, des proches de disparus, pour la plupart des femmes, s’étaient levées et organisées pour réclamer leurs êtres-chers et refuser la barbarie. C'est aussi à cette occasion que ces femmes ont décidé de créer le Réseau international qui est coordonné depuis la Belgique par un groupe de bénévoles. D'autres femmes les ont rejointes depuis et des rencontres ont eu lieu lors de chaque édition du festival. Lors de cette 10ème édition du Festival Voix de Femmes, aura lieu la 8ème rencontre de femmes du Réseau de solidarité des mères, épouses, sœurs, filles, proches de personnes enlevées et disparues.
SAMEDI 19 NOVEMBRE 2011 DE 14 H. À 18 H., CASERNE FONCK
Recontre publique axée sur les luttes au quotidien pour la Vérité et la Justice
Plusieurs thèmes seront abordés et débattus avec la participation de Lourdes Uranga, ancienne détenue et exilée politique (Mexique) – Wadad Halwani, épouse de disparu, Comité des parents de personnes enlevées et disparues (Liban) – Khadija Rouissi, sœur de disparu, anciennement secrétaire du Forum marocain Vérité et Justice (Maroc) – Ruth Duran, sœur de disparu, exilée (Chili) – Jamileh Aslih, mère de Asel, jeune pacifiste palestinien assassiné le 2 octobre 2000 (Palestine) – Ana Woolf, proche de disparu (Argentine) – Mariana Eva Perez, fille de disparus (Argentine) – Béatrice Mukamulindwa, mère de disparus (Rwanda), Seynabou Male, présidente du Comité régional de solidarité des femmes pour la paix en Casamance (Sénégal).
(Pour plus d’informations sur le Réseau et ses membres, vous pouvez consulter le site www.waynoun.net)
Programme :
• Le point sur la Convention pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, entrée en vigueur le 23 décembre 2010
• Echanges sur un état des lieux dans différents pays
Enjeux de la lutte dans chaque pays ; structures d’enquête ; commissions de vérité ; mesures de réparation ; implications de ces mesures pour les personnes concernées ; utilisation éventuelle de ces mesures par les pouvoirs en place pour faire pression sur les personnes et les Comités de défense des proches de disparus…
• Les liens des luttes des proches des disparus avec d’autres luttes sociales et politiques dans chaque pays
Comment ces luttes ont-elles pu ou non, selon les contextes de chaque pays, se rencontrer, tisser des liens, se renforcer ?
• Comment s’écrit la «Vraie histoire, celle des gens, de leur vie, de leur réalité, de leurs luttes» à côté de «L’histoire officielle» ?
L’art sous ses multiples formes est un outil important de cette écriture. Comment se créent les liens entre les luttes de terrain et les expressions artistiques ?
Ces questions du lien entre art et politique rejoint la problématique de la mémoire historique et de la transmission aux générations suivantes.
DIMANCHE 20 NOVEMBRE DE 11H. À 13 H. :
Rassemblement dans le site «Les arbres de la mémoire»
(rue Fonds des Tawes, face au N° 253, 4000 Liège, monument au résistant liégeois Walthère Dewé). Ce lieu a été érigé en décembre 2007 en hommage aux victimes de la disparition forcée dans le monde. Sept aubépines jalonnent le site formant une haie de solidarité qui serpente entre cinq grands arbres, des chênes d’ici et d’ailleurs.
Programme :
• Interventions de membres du Réseau.
• La Chorale «Les Callas s’roles» interprétera des thèmes de son répertoire qui porte haut les idéaux de dignité humaine, d’équilibre planétaire, d’égalité des hommes et des femmes…
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